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14 octobre 2012

Depuis longtemps, les Salons du ski n’ont plus la cote au Québec mais ils survivent tout de même ailleurs en Amérique. Sommes-nous à une époque charnière de les abandonner ou de les redéfinir ? C’est la question qui se pose actuellement sur le parquet du Salon du ski de Toronto qui se termine aujourd’hui.

Les exposants québécois interrogés par le Carnet du ski sont unanimes ; il y a eu une baisse draconienne de l’achalandage et ceux qui ont déboursé 18$ pour visiter le salon sont surtout portés vers les braderies des boutiques qui liquident la marchandise invendue des années passées (le grey market). A cet égard, la clientèle des planchistes est largement dominante.

Dans les stands des stations et destinations, la baisse n’a jamais été aussi palpable confient les habitués de ces salons dans la ville Reine. Luc St-Jacques, directeur du marketing à Owl’s Head se dit heureux que son intuition l’ait amené cette année à couper son personnel de 4 à 2 et sa surface d’exposition de moitié pour n’offrir qu’un 10X10.

St-Jacques affirme qu’il fera tout juste ses frais en raison des « bookings» sans lesquels la clientèle ne s’arrêterait même pas. « Dans sa forme actuelle et traditionnelle, les salons sont voués à une mort certaine et il y a urgence de les redéfinir. »

Son voisin de stand, Sylvain Hotte est aussi un habitué des salons du ski qu’il fréquente depuis 25 ans. Comme tout le monde, il reconnait que l’avènement de l’internet a changé la donne mais il n’est pas prêt à lancer la serviette.

«Les braderies sont incontestablement une carotte non négligeable mais pour les exposants mais il importe d’accentuer l’offensive au-delà de la simple représentation mais en confirmant des ventes », souligne celui va aussi au Salon du ski de Londres représenter le Mont-Tremblant.. « Il faudrait proposer des forfaits à rabais exclusifs très attrayants uniquement disponibles sur place et non sur le web. »

A cet égard, Hotte donne comme exemple les stations de la Nouvelle-Angleterre qui, au Salon de Boston, sont très agressives dans les offres qui doivent être achetées sur place. A Toronto, la station ontarienne Blue Mountain a déployé l'artillerie lourde et informatisée comme en témoigne la photo ci-contre captée en 2011.

Un Show d'abord

L’autre aspect important demeure la qualité des spectacles présentés. Aux laconiques défilés de mode et aux descentes répétitives sur rails des planchistes, il faut là aussi être plus dynamique. Les salons du ski de Montréal avaient la cote quand le Québec Air Force était sur place. « Pourquoi pas une compétition intérieur de Ride Shake Down ? » suggère Sylvain Hotte qui est aussi coordonnateur de la série de Maîtres BMW. (photo ci-bas)

Ces nouveaux éléments justifieraient à eux seuls le déboursé du « ticket » d’entrée. Il faut présenter un « show » et non une « exposition » nous disait Bob Charette, l’organisateur du Salon du ski de Montréal il y a quelques décennies et avec lequel nous avons eu le privilège de travailler. Bob avait depuis longtemps compris la formule gagnante en annonçant ses salons non pas dans les pages sportives mais dans le cahier Arts & Spectacles.

A la méfiance viscérale de l’industrie québécoise du ski et au conservatisme prudent des fonctionnaires de Tourisme Québec, il est temps que le dynamisme de société organisatrice comme GESTEV à Québec ose redéfinir avec succès la formule. La présence du groupe au stand de Stoneham a d’ailleurs eu beaucoup de succès dans la promotion du Championnat de la Coupe du monde de Snowboard qu’il organisera l’hiver prochain.

Cessons d’avoir la capitulation rapide face à un échec et OSONS être novateur comme le Québec l’a déjà maintes fois prouvé. Que les ti-québécois éteignoirs se taisent.

NDLR : Pour la première fois depuis plusieurs années, le Carnet du ski ne sera pas présent aux divers salons du ski mais garde un œil attentif sur ceux-ci.

Source : Roger Laroche - carnetduski.com --- Photo 2011 : Roger Laroche

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