S’il y avait trop de neige à Chamonix en début de calendrier hivernal et il en a presque manqué en fin de saison. La Vallée savoyarde recèle tout de même de conditions de ski de printemps de loin supérieures à celles du Québec dont l’hiver aura eu le souffle court. La ville est sur le sec, le terrain de golf est déjà vert et prêt à accueillir ses premiers joueurs, mais les hauts plateaux de la vallée ont toujours leur manteau blanc. « Cham » aura reçu notre visite à deux reprises cet hiver, soit en début et fin de saison. Deux visites au caractère distinct et surtout aucun regret.
En cette veille de fin de semaine pascale, la motivation n’est pas venue aux premiers balbutiements de la journée. Les 25 minutes en bus qui séparent Chamonix de la station des Grands-Montets n’avaient rien du décor inspirant de décembre dernier où les petits chalets savoyards croulaient littéralement sous la neige. Les premières descentes furent sur le béton. Il aurait fallu munir nos skis de lames de rasoir.
L’omni présence du soleil aura tôt fait cependant de ramollir les surfaces en fin de matinée et mettre un terme à notre safari photo d’un cadre alpin à couper le souffle. Destination, le plus haut sommet en télécabine afin de rejoindre un domaine skiable plus rigoureux et conséquemment moins achalandé. Il était temps, car les vacances pascales ont amené une horde de skieurs occasionnels à faire peur sur les pistes.
En quête de poudreuse fraîche? Il fallait aller la chercher, voire escalader au-delà des remontées. En dévalant l’espace vers le glacier d’Argentière, le terrain était déjà cicatrisé, mais la poudre légère n’a pas fait pas défaut. Ski de printemps idyllique, mais pas dans la soupe, loin de là. Nos jambes qui n’ont guère été éprouvées sur le damé-durci-travaillé mécaniquement cet hiver au Québec criaient pitié en milieu d’après-midi.
La sagesse de se ménager en début de séjour dans les Alpes françaises, nous a amenés à vouloir rentrer sur Chamonix plus tôt. Le seul regret aura été malheureusement un retour épique en navette. Si à plus d’un égard, le système de transport des remontées mécaniques en montagne est impeccable, celui au sol affiche un ridicule consommé. À l’instar de notre dernier séjour où un dérapage magistral du système de navettes nous avait fait pester, le retour a gâché un peu le plaisir. Après une heure et demie d’attente sans l'ombre d'une navette à l'horizon, il aura fallu s'imposer une bonne marche, bien botté et skis à l'épaule, afin de rejoindre un autre bus sur la route principale. Nous n'étions pas seuls à avoir eu ce réflexe. Entassés en sardine comme des « boat people », il était temps d'arriver à bon port.
Chamonix aurait intérêt à aller voir le système de confortables navettes de Banff où un bus déjà plein, sans passager debout, est remplacé sans attente par un autre. La mésaventure d’aujourd’hui, la deuxième en autant de visite, laisse malheureusement un petit œil au beurre noir à une belle journée qui aura tout de même fait belle figure.*
À VENIR : Le plaisir du séjour à Chamonix se prolonge par une courte virée chez le voisin italien, Courmayeur.
* Plus de photos en cliquant sous celle du haut -- Crédit photo ci-bas : Bernard Brault, La Presse - Nikon V1
EN RAPPEL de la première visite chamoniarde de la saison ...
- Bonheur de glisse retrouvé ( retour sur les planches après un accident ) 
- Joyeuses fêtes savoyardes ( découverte du marché hebdomadaire ) 
- Première journée de ski... à cheval ( le Ski Joëring aux Houches ) 
- Quand la neige se fait un peu trop persistante ( spectaculaire découverte de Megève ) 
- À la rencontre d'un hiver tardif ( quand l'hiver décore le village de Chamonix ) 

Source : Roger Laroche carnetduski.com (Texte & photos) + photo Bernard Brault - La Presse / Nikon V 1